J’ai passé la fin de semaine dernière au Vermont dans le cadre d’un farmHack, une activité organisée par les Greenhorns http://www.thegreenhorns.net/ qui en quelque sorte, incarne le mouvement des jeunes maraichers écologiques aux États-Unis. L’idée d’un farmHack est de partager les inventions et équipements développés par les petits maraichers bio dans l’idée de favoriser l’essor et l’émergence du mouvement. Un rapide survol du site permet de constater à qu’elle point l’ingéniosité pratique et technologique au service des petites fermes donne lieux à des trucs vraiment intéressants. Pour une rare fois le FarmHack se déroulait près de chez nous à Burlington, une ville que j’adore et qui est peut-être l’endroit le plus bio des ÉU.
L’activité du weekend commençait par une visite de l’incubateur d’Intervale , une des plus importantes fermes urbaines des États-Unis. L’histoire d’Intervale est intéressante. Autrefois une ferme d’élevage, ce site de plus de 300 acres localisé au cœur de Burlington était abandonné depuis longtemps, lorsqu’en 1986 le fondateur du magasin horticole Gardener’s Supply décida d’y planifier un incubateur de ferme. En gros, l’idée est alors de soutenir le démarrage de nouvelles entreprises agricoles en créant un organisme dont la mission serait de sous-louer ces terres et mettre en commun les installations et équipements pour faire du maraîchage bio. Le site était déjà le lieu d’un important programme de compostage urbain et l’objectif ambitieux était que ces fermes arrivent un jour à fournir 10 % de l’approvisionnement en légume de la ville. Fast-forward, 25 ans plus tard c’est exactement ce qui c’est passé et aujourd’hui le site est cultivé par 11 fermes bio qui se partagent serres, parcelles de terre, tracteur, machinerie, service-conseil, etc. Le tout bien formalisé dans un cadre structuré et légalement bien organisé.
Je connaissais l’histoire et l’existence d’Intervale depuis un bon moment, mais lors de cette visite j’ai rencontré plusieurs des fermiers de la place, particulièrement l’un d’entre eux dont la ferme se spécialise dans la culture de mesclun. Pitchfok Farm récolte jusqu’à 300 kilos de mesclun par semaine et écoule la totalité de la récolte à l’intérieur de la ville à plusieurs restaurants, un marché et quelques magasins d’alimentation naturelle. C’est du mesclun en ta… considérant que Burlington compte moins de 50 000 habitants.
À la fin de cette journée, nous nous sommes dirigés de l’autre coté du Lac Champlain pour y manger ensemble et dormir dans une grange avant la visite de la ferme Essex le lendemain. Dans la meilleure tradition du Vermont, la soirée c’est fini autour d’un gros d’un feu de camp à boire du cidre et jouer du banjo. J’adore!
Essex-farm
Essex-Farm est l’une des ASC émergentes des plus avant-gardistes. Sur plus de 200 hectares et avec l’utilisation de la traction animale, ils ont développé un système cultural pour alimenter plus de 200 familles en légumes, fruits, viandes, farines, produits laitiers, céréales tous produits sur la ferme. Ces paniers omnivores sont offerts à longueur d’année à leurs membres. Pour y être allé à plus d’une reprise je connais maintenant le fermier et nous avons pris du temps ensemble pour bavarder d’ou ils en sont avec la progression de leur ferme. À son dire, Ils veulent devenir la plus importante ferme « autonome » des ÉU. Marc parle d’une ferme de 500 hectares qui alimenterait plus de 4000 familles… Quoique personnellement, j’adhère d’avantage à une idée de d’intensifier la production plutôt que d’extensifier la surface cultivée, leur concept et leur système cultural est intéressant. Il vaut la peine d’être connu voir même étudié.
Voici quelques photos de trucs intéressants
Cette visite vient peut-être de régler un gros problème que j’avais pour arriver à bien essorer nos mescluns, car jusqu’à ce qu’un inspecteur du MAPAQ vienne nous l’interdire, nous utilisions une laveuse à linge pour essorer le mélange. Pour eux, la laveuse à linge n’était pas conçue à des fins alimentaires. Rob de PitchFork a eu le même problème que moi, mais à solutionné la chose en enlevant la monture de la machine. En faisant de la sorte, tout peut être bien nettoyé et aucune verdure ne peut se retrouver logée à l’intérieur. La laveuse à mesclun est donc sanitaire. Rob recommande la marque de laveuse Inglis car leur cuvette est en stainless
Dès l’an prochain ces deux tracteurs maraîcher devraient fonctionner avec un moteur électrique. http://www.farmhack.net/tools/electric-tractor-conversion
Les fermiers s d’intervalle possèdent un nettoyeur de légumes-racines fabriqué maison. Voici un lien vers les plans de construction : www.farmhack.net
Je fais l’essaie d’un pyrodésherbeur vraiment, très bien fait et facile à manipuler. Les plans de cette outil seront peut-être sur le site du farmhack d’ici l’automne.
Rob de Pitchfork farm nous raconte comment il dessine ses outils avec Google sketchup Les projets sont open source. Des jeunes du MIT présentaient également des circuits électriques faciles à utiliser pour différentes applications à la ferme.http://www.farmhack.net/forums/event-group-using-arduinos-automate-greenhouse-operations
Semoir à mesclun haute densité de fabrication maison
L’organisme Greenhorns vient de publier un livre et diffuse depuis un certain temps un film sur l’établissement de quelques-uns des jeunes fermiers . Je n’ai vu ni lu l’un et l’autre, mais les connaissant, c’est sûrement inspirant si l’idée de vous établir en agriculture est quelque chose qui vous parle.
Kimball, Kristin. Une vie pleine : Une histoire d’amour avec un homme et une ferme. Éditions Fleuve-Noir, France 2011. Essex Farm est une des fermes les plus intéressantes que j’ai visitée à ce jour et dans ce livre, l’auteure, qui est copropriétaire de l’entreprise, raconte la genèse de leur projet d’ASC. La dure réalité des premières années d’établissement y est bien décrite et plusieurs leçons peuvent en être tirées.
Si vous voulez prendre le pouls du mouvement bio du Vermont, je vous suggère d’aller faire un tour dans l’un des marchés fermiers de Burlington un samedi matin. La visite de l’épicerie coopérative City Market vaut également grandement le détour. Le journal Seven days dressse tout ce qui se passe dans cette petite ville très vibrantes. Une visite vaut vraiment la peine !
J’en profite pour souhaiter à tous un super printemps arable !
Le prochain post de ce blogue vous invitera probablement à vous procurer une copie de mon livre à paraitre en aout. À première vue, je peux vous dire qu’il sera très beau. J’espère qu’il vous plaira de le lire.
Jean-Martin





Wow!!
J ai reçu votre livre en cadeau hier et j en suis rendu au 2/3… Ça se lit comme on déguste un bon chocolat!!
Quel générosité dans toutes les infos que vous donnez… Merci!!
Bravo pour votre dynamisme et votre bel réussite très inspirante et motivante!!
J habite une petite maison sur un terrain de 35000 pi ca avec quelques poules et moutons et en cherchant ce matin un coin autour de moi pour faire un beau jardin à plus petite échelle, et bien, juste à côté, un beau terrain orienté sud avec la pente du bon côté et une rangée d arbre au nord!… Inutilisé! Ce sera peut être le début d une nouvelle aventure ou bien s en restera dans mes rêves, mais juste d y penser en vaut la plaisir!!
Bravo et bonne continuité
Marie-France
ce sont des outils ideals pour la promotion de l’agriculture paysanne en Afrique et en RD Congo en particuiler
Bonjour;
J’ai vu votre livre chez un ami a Mansonville dans le canton de Potton. His name is Marcel Piuze and he rune a small farm called Les Highlands http://www.leshighlands.com/
I also live in Mansonville, and after I looked at the book and the story, I wanted to write to you and say Merci. It takes passion to be a farmer, and love I’m sure. An most of all I want to say thank you for having the courage to publish the book and make others aware of what you’re doing. Hoarding knowledge, like hoarding money, makes us all poorer, and the social movement you’re part of is wonderful.
If there’s any help you need please don’t hesitate to ask. Merci encore.
Shane Bradley
Mansonville, QC
514-515-0568
Allo, merci pour tout ce beau travail, c est inspirant.
Peut être ne connais tu pas mais http://opensourceecology.org/ font aussi un travail inspirant.
BART
Salut Jean-Martin,
je viens de tomber sur ton site que je trouve excellent.
Je compte moi aussi créer mon jardin maraicher pour en vivre et je peinais
à trouver un exemple concret et professionnel de maraichage sur petite surface et
peu mécanisé. Pour confirmer ou infirmer cela, peux tu nous donner une liste exhaustive de ton matériel motorisé? Parce que je m’interroge. Dans ta partie Semoirs tu dis qu’il faut une préparation minutieuse de la planche de culture pour avoir de bons résultats, mais comment fais-tu sans outillage motorisé?
Bonjour Laurent
Tu trouveras sous l’onglet « outil et fournisseurs » du site la liste de tous les équipements que nous utilisons. Pour le travail du sol, nous utilisons une herse rotative monté sur un Motoculteur BCS. La sortie de mon livre est prévu pour dans un peu plus d’un mois et je préfère t’y référer pour en t’en dire plus. Nous sommes en pleine production et je manque de temps…
au plaisir
Jean-Martin
Merci bien !
A tantôt!